Parution du Numéro 44 de la revue Islamochristiana avec un dossier en hommage à son fondateur.


Le numéro 44 d’Islamochristiana est entièrement consacré au père Maurice Borrmans, M.Afr., qui a fondé la revue en 1975 avec le personnel du PISAI, en a été le directeur jusqu’en 2004 et un collaborateur passionné jusqu’à la fin de sa vie, en 2017. Les contributions publiées, demandées à des amis, anciens étudiants et collaborateurs, ne devaient pas nécessairement être centrées sur ses écrits ou son activité d’enseignant, mais plutôt se consacrer à des aspects particuliers de ses intérêts académiques. Le résultat est un nombre substantiel et très intéressant.

Les trois premiers articles concernent directement le père Borrmans : l’archevêque Michael Fitzgerald, son confrère, trace un bref profil biographique, avec une attention particulière au chemin intellectuel et académique tout en complétant l’In Memoriam paru dans Islamochristiana 43/2017 écrit par André Ferré, M.Afr.; Giampiero Alberti, prêtre du diocèse de Milan, en parle avec l’émotion d’un ami fraternel; Vincent Feroldi, directeur du « Service national pour les relations avec les musulmans de la Conférence des Evêques de France », dans son article parle de la passion de Borrmans pour le dialogue avec les musulmans. Parmi les intérêts du père Maurice, l’étude du Coran est très importante: les articles de Geneviève GobillotPaolo BrancaMichel Lagarde et Bartolomeo Pirone y sont consacrés. Giuseppe Rizzardi réfléchit sur la figure de Jésus dans l’islam et le christianisme.

Les autres contributions concernent le kalām, la falsafa, l’islamologie en général et les relations entre chrétiens et musulmans. Michel Younès s’interroge sur le rapport entre Coran et kalām d’une part et Bible et théologie chrétienne de l’autre. Diego Sarrió Cucarellaprésente un traité de Ḥunayn b. Isḥāq, auteur nestorien du IXe siècle, sur les critères pour reconnaître la vraie religion, tandis qu’Emmanuel Pisani parle de la féroce critique de Abū Ḥāmid al-Ġazālī contre les missionnaires bāṭinites; enfin, Cristina D’Ancona réfléchit sur l’argument cosmologique qui postule nécessairement une cause divine, à travers le kalāmet la falsafa jusqu’à Thomas d’Aquin. Le droit familial, l’un des intérêts prioritaires du père Borrmans depuis le début, était le sujet de sa thèse de doctorat et de son enseignement durant de longues années. A cela Roberta Aluffi Beck-Peccoz consacre une étude au thème intéressant de la kafāla dans le domaine du droit islamique.
Pour l’actualité du monde musulman et des relations islamo-chrétiennes, questions très chères à Maurice Borrmans, Laurent Basanese présente un aperçu critique des récentes réformes de l’islam, tandis qu’Emil Anton expose la pensée du pape Benoît XVI sur le rapport entre religion et violence.

La série de contributions est complétée par les articles de Rémi Caucanas qui nous rappelle Étienne Renaud, ami et confrère de Borrmans, ancien général des Pères Blancs et recteur du PISAI; et de Alan Godlas et Jason Welle, qui remettent à jour une petite note parue dans l’encyclique Laudato Si’ du pape François à propos de « Alī al-Ḫawwāṣ » (voir Islamochristiana 43/2017). Une série substantielle de Book Reviews et une de Notes and Documents complètent le volume.

Présentation publiée initialement sur le site du PISAI : https://fr.pisai.it/le-pisai/nouvelles/2019/avril/islamochristiana-44-in-memoriam-maurice-borrmans-mafr/