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Esthétique et politico-éthique de la pensée islamique : pour une nouvelle lecture d’Averroès
Communication présentée lors du cinquième congrès international de la Plateforme universitaire de recherche sur l’islam (PLURIEL), tenu à Cordoue du 10 au 14 février 2026 sur le thème « Éthique et esthétique en islam ». Essaid Labib (Université Chouaib Doukkali (El Jadida, Maroc)) est intervenu dans le cadre de l’Axe 1 — Éthique et esthétique dans le patrimoine islamique.
Résumé de la communication
Nous proposons dans notre prochain texte par lequel nous visons participer à ce colloque, l’étude d’un passage, rendu célèbre, du texte d’Averroès traduit de l’hébreu en arabe : commentaire de La République de Platon (Commentry on Plato’s republic), où il fait la comparaison entre les femmes et les hommes en rapport à la place qu’ils doivent occuper pour l’essor de la ville :« Les femmes diffèrent des hommes en degré et non en nature. Elles sont aptes à tout ce que font les hommes, guerre, philosophie, etc. seulement à un degré moindre. Quelquefois elles les surpassent, comme dans la musique, si bien que la perfection de cet art serait que la musique fût composée par un homme et exécutée par une femme… ».
Le but de notre étude est d’essayer de comprendre les dimensions éthiques, esthétiques et philosophiques de ce texte d’Averroès en se basant sur l’analyse d’autres textes de Platon et d’Aristote, contre la lecture visiblement raciste de Ernest Renan, mais aussi contre toute autre lecture élogieuse. Il faut comprendre, à notre sens, les motifs historiques et intellectuels d’une telle attitude d’un philosophe arabo-musulman où l’identité de genre ne fait aucun obstacle à la participation à la chose publique (la politique), et comment et pourquoi la musique (l’art) deviendra un argument pour la défense d’une égalité devant la responsabilité sociale et politique. Sans oublier de problématiser l’idée d’Averroès : quelle interprétation donnons-nous à cette idée, qui paraît révolutionnaire dans son temps ? Comment s’articule dans l’idée les amorces d’une éthico-esthétique islamique ? Comment le féminin en est-il représenté en évitant de tomber dans des évidences socio-politiques largement partagées à l’ère d’Averroès ?
Ainsi, notre contribution tachera de répondre à quelques questions formulées dans le premier axe : Éthique et esthétique dans le patrimoine islamique : histoire, langage et philosophie.
Lire la synthèse du panel rédigée par Hacene Kherchaoui
Cette synthèse a été rédigée à la suite du congrès par Hacene Kherchaoui, dans le cadre du programme de bourses étudiantes de PLURIEL. Elle couvre l’ensemble des communications du panel.
Éthique et esthétique dans le patrimoine islamique : histoire, langage et philosophie
Aziz Hilal (Institut dominicain d’études orientales, Le Caire) — docteur en philosophie arabe, spécialiste de la pensée andalouse (Averroès, al-Fārābī). Langue : français. Constance Arminjon (EPHE–PSL, chaire « Histoire intellectuelle du shi’isme contemporain ») — historienne des doctrines de l’islam contemporain et des renouvellements herméneutiques. Langue : français, visioconférence. Essaid Labib (Université Chouaib Doukkali, El Jadida, Maroc) — chercheur à l’intersection de la philosophie, de l’esthétique et des études de genre. Langue : français.
Ce panel explore les fondements conceptuels de l’articulation entre éthique et esthétique dans la pensée islamique classique, à travers des figures majeures (Averroès, al-Fārābī, Rûmī) et leurs réceptions contemporaines. Sa cohérence repose sur le refus partagé d’une séparation entre le beau, le bien et le vrai, et sur une conception du patrimoine islamique comme espace de pensée vivant, ouvert au dialogue et à la réinterprétation.
Axes et arguments principaux
### Métaphysique du beau : fondements ontologiques chez Averroès et al-Fārābī
Mounia Ait Kabboura et Aziz Hilal s’accordent sur une conception intégrée du vrai, du bien et du beau. Chez Averroès, l’Intellect universel fonde un pluralisme cognitif où la rigueur démonstrative constitue une esthétique du logos indissociable d’une éthique de la responsabilité intellectuelle. Chez al-Fārābī, la doctrine de l’émanation (fayḍ) fait de la beauté non un supplément au réel, mais la manifestation sensible de l’harmonie universelle : ordre, proportion et intelligibilité sont à la fois critères ontologiques et critères esthétiques.
### Poésie et herméneutique comme vecteurs de renouvellement théologique
Constance Arminjon montre que la poésie spirituelle de Rûmī irrigue activement la réflexion de trois philosophes iraniens contemporains (Sorûsh, Shabestarî, Malekiyân), qui s’en saisissent pour renouveler la théologie morale et la dogmatique shi’ite. La poésie classique devient ici instrument herméneutique, médiation entre un héritage sunnite médiéval et les exigences d’une pensée religieuse contemporaine.
### Éthico-esthétique et dimension politique : genre et citoyenneté
Essaid Labib analyse un passage du Commentaire de La République de Platon d’Averroès pour montrer que l’art — et la musique en particulier — y devient argument en faveur de l’égalité sociale et politique entre femmes et hommes. Contre la lecture de Renan, il dégage les amorces d’une éthico-esthétique islamique à dimension inclusive, mobilisant les cadres de Foucault et des études de genre pour une relecture critique du texte classique.
Points de discussion et débats
Les échanges ont fait apparaître trois tensions principales. La première porte sur le risque d’anachronisme : comment mobiliser des penseurs classiques pour éclairer des enjeux contemporains sans en réduire la complexité historique ? Cette question, soulevée à propos d’Averroès comme d’al-Fārābī, est restée ouverte. La deuxième concerne la cohérence interne de l’œuvre d’al-Fārābī : la doctrine de l’émanation étant absente de plusieurs de ses traités, la salle s’est interrogée sur la possibilité d’une esthétique farabienne véritablement unifiée. Enfin, la communication d’Arminjon a suscité des questions sur la représentativité des figures shi’ites étudiées dans le paysage intellectuel iranien actuel, et sur le statut institutionnel de la poésie dans la théologie.
Apports et limites du panel
Le principal apport de ce panel réside dans la mise en évidence d’une conception intégrée du savoir, du beau et du bien à travers plusieurs traditions et périodes de la pensée islamique. En articulant philosophie médiévale, poésie mystique et relecture contemporaine, il montre la pluralité des entrées dans le patrimoine islamique et sa capacité à alimenter des réflexions actuelles sur le pluralisme, le genre et le dialogue interculturel.
Ses limites tiennent principalement à l’absence de questionnement sur les médiations concrètes — artistiques et sociales — par lesquelles ces catégories ont pu s’incarner dans des pratiques effectives. La densité du dossier d’Arminjon (trois auteurs, plusieurs siècles) aurait mérité un espace de discussion plus long. Parmi les pistes ouvertes : une comparaison systématique des théories du beau chez al-Fārābī et Averroès, et l’étude des réceptions non iraniennes de la poésie mystique dans les débats théologiques contemporains.
Paper presented at the 5th international congress of the University Platform for Research on Islam (Pluriel), held in Cordoba from 10 to 14 February 2026 on the theme « Ethics and Aesthetics in Islam ». Essaid Labib (Chouaib Doukkali University, El Jadida, Morocco) spoke as part of Strand 1, Ethics and aesthetics in the Islamic heritage.
Summary of the paper
This paper studies a celebrated passage from Averroes’s Commentary on Plato’s Republic, in which he compares women and men in relation to the place they should occupy for the flourishing of the city: « Women differ from men in degree and not in nature. They are able to do everything men do, war, philosophy, and so on, only to a lesser degree. Sometimes they surpass them, as in music, so that the perfection of that art would be that music be composed by a man and performed by a woman. »
The aim is to understand the ethical, aesthetic and philosophical dimensions of this text, drawing on other texts by Plato and Aristotle, against the visibly racist reading of Ernest Renan but also against any merely laudatory reading. The paper seeks the historical and intellectual motives of such a stance in an Arab-Muslim philosopher, for whom gender identity is no obstacle to participation in public affairs, and asks how and why music (art) becomes an argument in defence of equality before social and political responsibility. It thus contributes to the questions of Strand 1, ethics and aesthetics in the Islamic heritage: history, language and philosophy.
Read the panel synthesis by Hacene Kherchaoui
This synthesis was written in the aftermath of the congress by Hacene Kherchaoui, under the Pluriel student-fellowship programme. It covers all four papers of the panel.
Ethics and aesthetics in Islamic heritage: history, language and philosophy
Held on Wednesday 11 February 2026, 12:15–2:00 pm, in Hall 1 of the Bishop’s Palace of the Mosque-Cathedral of Cordoba, this panel was chaired by Wasim Salman. It brought together four speakers: Mounia Ait Kabboura (Royal Military College of Saint-Jean, Canada / Université de Sherbrooke, CERC), a historian of philosophy and of contemporary religious studies; Aziz Hilal (Dominican Institute for Oriental Studies, Cairo), doctor in Arabic philosophy and specialist of Andalusian thought (Averroes, al-Fārābī); Constance Arminjon (EPHE–PSL, chair « Intellectual History of Contemporary Shi’ism »), historian of contemporary Islamic doctrines and of hermeneutic renewals, joining by videoconference; and Essaid Labib (Chouaib Doukkali University, El Jadida, Morocco), a scholar working at the intersection of philosophy, aesthetics and gender studies. The panel explored the conceptual foundations of the articulation between ethics and aesthetics in classical Islamic thought, through major figures — Averroes, al-Fārābī, Rūmī — and their contemporary receptions. Its coherence rested upon a shared refusal to separate the beautiful, the good and the true, and upon a conception of Islamic heritage as a living space of thought, open to dialogue and reinterpretation.
Mounia Ait Kabboura and Aziz Hilal converge on an integrated conception of the true, the good and the beautiful. In Averroes, the universal Intellect grounds a cognitive pluralism in which the rigour of demonstration constitutes an aesthetics of logos inseparable from an ethics of intellectual responsibility. In al-Fārābī, the doctrine of emanation (fayḍ) makes beauty not a supplement to the real, but the sensible manifestation of universal harmony: order, proportion and intelligibility are at once ontological criteria and aesthetic criteria. Constance Arminjon, for her part, showed that the spiritual poetry of Rūmī actively irrigates the reflection of three contemporary Iranian philosophers — Soroush, Shabestari and Malekian — who take hold of it in order to renew moral theology and Shi’i dogmatics. Classical poetry thus becomes a hermeneutic instrument, a mediation between a medieval Sunni heritage and the demands of a contemporary religious thought. Essaid Labib, finally, analysed a passage from Averroes’s commentary on Plato’s Republic to show that art — and music in particular — becomes there an argument in favour of social and political equality between women and men. Against Renan’s reading, he brought out the beginnings of an inclusive Islamic ethico-aesthetics, mobilising the frameworks of Foucault and of gender studies for a critical rereading of the classical text.
The exchanges brought three main tensions to light. The first bears on the risk of anachronism: how are we to draw on classical thinkers to shed light on contemporary stakes without reducing their historical complexity? Raised in connection with both Averroes and al-Fārābī, this question remained open. The second concerns the internal coherence of al-Fārābī’s work: since the doctrine of emanation is absent from several of his treatises, the room questioned the possibility of a truly unified Farabian aesthetics. Finally, Arminjon’s paper gave rise to questions on the representativity of the Shi’i figures studied within today’s Iranian intellectual landscape, and on the institutional status of poetry within theology.
The main contribution of this panel lies in the way it brings to light an integrated conception of knowledge, of the beautiful and of the good, across several traditions and periods of Islamic thought. By articulating medieval philosophy, mystical poetry and contemporary rereading, it shows the plurality of entries into Islamic heritage and its capacity to feed present-day reflections on pluralism, gender and intercultural dialogue. Its limits lie mainly in the absence of any questioning of the concrete — artistic and social — mediations through which these categories may have been embodied in effective practices. The density of Arminjon’s dossier (three authors, several centuries) would have deserved a longer space of discussion. Among the tracks left open: a systematic comparison of the theories of beauty in al-Fārābī and Averroes, and the study of non-Iranian receptions of mystical poetry in contemporary theological debates.
مداخلة قُدّمت في المؤتمر الدولي الخامس للمنصة الجامعية للدراسات حول الإسلام (Pluriel)، المنعقد في قرطبة من 10 إلى 14 شباط/فبراير 2026 حول موضوع «الأخلاق والجماليات في الإسلام». تحدّث السعيد لبيب (جامعة شعيب الدكالي، الجديدة، المغرب) ضمن المحور الأول: الأخلاق والجماليات في التراث الإسلامي.
ملخّص المداخلة
تدرس هذه المداخلة مقطعًا شهيرًا من «تلخيص جمهورية أفلاطون» لابن رشد، يقارن فيه بين النساء والرجال من حيث الموقع الذي ينبغي أن يشغلوه لنهوض المدينة: «تختلف النساء عن الرجال في الدرجة لا في الطبيعة؛ فهنّ قادراتٌ على كلّ ما يفعله الرجال، من حربٍ وفلسفةٍ وغيرها، وإن بدرجةٍ أقلّ. وقد يفقنهم أحيانًا، كما في الموسيقى، حتى إنّ كمال هذا الفنّ أن يؤلّفه رجلٌ وتؤدّيه امرأة».
والغاية فهمُ الأبعاد الأخلاقية والجمالية والفلسفية لهذا النصّ، استنادًا إلى نصوصٍ أخرى لأفلاطون وأرسطو، ردًّا على قراءة إرنست رينان العنصرية الظاهرة، وكذلك على كلّ قراءةٍ مادحة فحسب. وتبحث المداخلة في الدوافع التاريخية والفكرية لمثل هذا الموقف عند فيلسوفٍ عربي مسلم لا تشكّل فيه الهويةُ الجندرية عائقًا أمام المشاركة في الشأن العام، وتتساءل كيف ولماذا تغدو الموسيقى (الفنّ) حجّةً للدفاع عن المساواة إزاء المسؤولية الاجتماعية والسياسية. وبذلك تُسهم في أسئلة المحور الأول: الأخلاق والجماليات في التراث الإسلامي، بين التاريخ واللغة والفلسفة.
اقرأ ملخّص لوحة النقاش بقلم حسان قرشاوي
حرّر هذا الملخّص إثر انعقاد المؤتمر حسان قرشاوي، ضمن برنامج المنح الطلاّبيّة للمنصّة الجامعيّة للدراسات حول الإسلام (Pluriel). ويغطّي مجموع مداخلات لوحة النقاش الأربع.
الأخلاق والجماليّة في التراث الإسلاميّ: التاريخ واللغة والفلسفة
انعقدت هذه اللوحة يوم الأربعاء 11 فبراير 2026، من الثانية عشرة والربع إلى الثانية بعد الظهر، بالقاعة الأولى في مقرّ الأسقفيّة بمسجد-كاتدرائيّة قرطبة، برئاسة وسيم سلمان. جمعت أربعةَ متدخّلين: منية آيت كبّورة (الكليّة العسكريّة الملكيّة في سان-جان، كندا / جامعة شيربروك، مركز CERC)، المؤرّخة في تاريخ الفلسفة والدراسات الدينيّة المعاصرة؛ وعزيز هلال (المعهد الدومنيكيّ للدراسات الشرقيّة، القاهرة)، الدكتور في الفلسفة العربيّة والمتخصّص في الفكر الأندلسيّ (ابن رشد والفارابيّ)؛ وكونستانس آرمنجون (المدرسة التطبيقيّة للدراسات العليا PSL، حاملة كرسيّ «التاريخ الفكريّ للتشيّع المعاصر»)، المؤرّخةَ للعقائد الإسلاميّة المعاصرة وللتجديدات الهرمينوطيقيّة، التي شاركت عبر الاتّصال المرئيّ؛ ثمّ إسعيد لبيب (جامعة شعيب الدكّالي، الجديدة، المغرب)، الباحث في تخوم الفلسفة والجماليّة ودراسات النوع الاجتماعيّ. استكشفت اللوحة الأسسَ المفهوميّة للربط بين الأخلاق والجماليّة في الفكر الإسلاميّ الكلاسيكيّ، من خلال شخصيّاتٍ كبرى — ابن رشد، والفارابيّ، والروميّ — وتلقّياتها المعاصرة. أمّا تماسكها فيقوم على الرفض المشترك للفصل بين الجميل والخير والحقّ، وعلى تصوّر التراث الإسلاميّ بوصفه فضاءَ فكرٍ حيّ، مفتوحًا على الحوار وإعادة التأويل.
تتّفق منية آيت كبّورة وعزيز هلال على تصوّرٍ مندمج للحقّ والخير والجميل. فعند ابن رشد، يُؤسّس العقلُ الفعّال تعدّديّةً معرفيّة، تُشكّل فيها صرامةُ البرهان جماليّةً للّوغوس لا تنفصل عن أخلاقيّات المسؤوليّة الفكريّة. أمّا عند الفارابيّ، فتجعل عقيدةُ الفيض الجمالَ لا زيادةً على الواقع، بل التجلّي المحسوس للانسجام الكونيّ: فالنظام والتناسب والقابليّة للعقل معايير أنطولوجيّة وجماليّة في آنٍ معًا. وأمّا كونستانس آرمنجون فقد بيّنت أنّ الشعر الروحانيّ للروميّ يُروي فعليًّا تفكيرَ ثلاثةٍ من الفلاسفة الإيرانيّين المعاصرين — سروش، وشبستري، وملكيان — الذين يستمسكون به بغية تجديد اللاهوت الأخلاقيّ والعقيدة الشيعيّة. فيصير الشعر الكلاسيكيّ حينئذٍ أداةً هرمينوطيقيّة، ووساطةً بين تراثٍ سنّيّ وسيط ومقتضياتِ فكرٍ دينيّ معاصر. وأخيرًا، حلّل إسعيد لبيب مقطعًا من شرح ابن رشد لجمهوريّة أفلاطون، ليُبيّن أنّ الفنّ — والموسيقى بخاصّة — يصير فيه حجّةً لصالح المساواة الاجتماعيّة والسياسيّة بين النساء والرجال. وفي مواجهة قراءة رينان، استخرج بواكيرَ إيتيقا-جماليّةٍ إسلاميّةٍ ذات بُعدٍ جامع، مُوظّفًا الأُطُر الفوكويّة ودراسات النوع الاجتماعيّ لإعادة قراءةٍ نقديّة للنصّ الكلاسيكيّ.
أبرزت المبادلاتُ ثلاثةَ توتّراتٍ رئيسيّة. أوّلها يتعلّق بخطر المفارقة الزمنيّة: كيف يُوظَّف المفكّرون الكلاسيكيّون لإلقاء الضوء على الرهانات المعاصرة من دون اختزال التعقيد التاريخيّ؟ إنّ هذا السؤال، المطروح في خصوص ابن رشد والفارابيّ على السواء، بقي مفتوحًا. أمّا الثاني فيتعلّق بالاتّساق الداخليّ لعمل الفارابيّ: فبما أنّ عقيدة الفيض غائبةٌ عن كثيرٍ من رسائله، ساءلت القاعةُ إمكانَ قيام جماليّةٍ فارابيّةٍ موحّدةٍ حقًّا. وأخيرًا، أثارت مداخلة آرمنجون أسئلةً حول تمثيليّة الشخصيّات الشيعيّة المدروسة في المشهد الفكريّ الإيرانيّ الراهن، وحول المكانة المؤسّسيّة للشعر داخل اللاهوت.
يتمثّل الإسهامُ الرئيسيّ لهذه اللوحة في إبراز تصوّرٍ مندمج للمعرفة والجميل والخير، عبر تقاليدَ متعدّدة وعصورٍ متعدّدة من الفكر الإسلاميّ. فبربطها بين الفلسفة الوسيطة والشعر العرفانيّ وإعادة القراءة المعاصرة، تُبيّن اللوحة تعدّديّةَ مداخل التراث الإسلاميّ وقدرتَه على تغذية التفكير الراهن في التعدّديّة والنوع الاجتماعيّ والحوار بين الثقافات. أمّا حدودها فتعود بالأساس إلى غياب مساءلة الوساطات الملموسة — الفنّيّة والاجتماعيّة — التي عبرها قد تتجسّد هذه المقولات في ممارساتٍ فاعلة. وكان ثقل ملفّ آرمنجون (ثلاثة مؤلّفين، عدّة قرون) يستحقّ فسحةً أطول للنقاش. ومن المسارات المفتوحة: مقارنةٌ منتظمة بين نظريّات الجمال عند الفارابيّ وابن رشد، ودراسةُ التلقّيات غير الإيرانيّة للشعر العرفانيّ في النقاشات اللاهوتيّة المعاصرة.
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