SALEH Wael - publié au Canada - texte en français, 2019
Ref : Cahiers de recherche en politique appliquée, Vol. VII, Numéro 2, Automne 2019 Rédactrice en chef : Mme Eugénie Dostie-Goulet, Ph.D. Éditeur : École de politique appliquée ISSN (électronique) : 1921-7803   - Télécharger au format PDF

Résumé :

Est-ce que le fait d’inciter à la violence ou de lui fournir une couverture idéologique, religieuse ou théorique la légitimant, la justifiant ou la banalisant pourrait être considéré comme une action violente? Selon la théorie des actes de langage d’Austin, dire, par le biais d’énoncés dits « performatifs », c’est faire. Selon cette problématique et cette hypothèse, cet article cherche, en premier lieu, à cartographier les épistémologies sous-jacentes aux différentes approches théoriques; à comprendre, en deuxième lieu, de quelles manières les positions théoriques et épistémologiques respectives se traduisent dans les pratiques méthodologiques et les productions de savoirs; à identifier, en troisième lieu, quelques enjeux épistémologiques et éthiques qu’affrontent les études de la radicalisation menant à la violence au nom de l’islam tel que nous pouvons appeler le « blanchiment de violence »; et à développer, en dernier lieu, une position épistémologique plus consciente et plus assumée. Pour atteindre ces objectifs, l`approche méthodologique utilisée dans le cadre de cette recherche est constituée de deux volets : 1) une recherche documentaire fouillée des écrits théoriques et interventions principales de chercheurs-théoriciens ayant travaillé au cours des cinquante dernières années sur la radicalisation menant à la violence au nom de l’islam (en langues française, anglaise et arabe); 2) une analyse de discours de ces travaux et interventions les plus influents dans le domaine des études islamiques.