HAGER Anna Pays : Italie - Langue : français, 2018
théologique

Conférence de Anna HAGER lors du second Congrès international de PLURIEL à ROME

Cette intervention se propose de traiter d’une question qui se trouve à l’intersection entre les questions thématiques de citoyenneté et de territoire définies par Pluriel ; à savoir comment des acteurs islamiques de tendances différentes définissent l’appartenance des non-musulmans aux sociétés égyptienne et libanaise, en particulier les fondements religieux, politiques, culturels, historiques légitimant cette appartenance.
Cette intervention a pour but de dépasser le cadre d’analyse réducteur de dhimma ou « dhimmitude » et de regarder comment, au contraire, des acteurs islamistes, salafistes, modérés, libanais et égyptiens, sunnites et chiites, se fondent sur une lecture sélective de l’héritage islamique (le Coran, les hadith, en incluant les anecdotes sur le prophète, l’histoire islamique), mais arrivent à des conceptions d’appartenances aussi différentes voire contradictoires. Ces acteurs incluent le Hezbollah, les Frères Musulmans, les figures salafistes libanaises et égyptiennes comme le parti salafiste el-Nour, la Gamaa al-Islamiyya, pourtant réputés pour leurs positions intransigeantes, ainsi que les instances de l’Islam officiel comme al-Azhar.
Comme nombre de ces acteurs ont occupé des rôles politiques ces dernières années (en particulier à partir de 2011 pour les acteurs égyptiens), une attention particulière sera prêtée aux contextes politiques et nationaux respectifs. Cette analyse est basée sur les écrits et déclarations de ces acteurs en arabe (ou en français et anglais le cas échéant) et a pour objectif d’établir une typologie de ces différentes conceptions de citoyenneté.